PARIS


France
De : Cédric Klapisch
Avec : Juliette Binoche,Romain Duris,Fabrice Luchini,Albert Dupontel,François Cluzet,Karin Viard,Gilles Lellouche,Mélanie Laurent,Zinedine Soualem,Julie Ferrier,Olivia Bonamy,Maurice Bénichou,Annelise Hesme,Audrey Marnay,Xavier Robic,Farida Khelfa,Suzanne Von Aichinger,Marco Prince,Kingsley Kum Abang,Judith El Zein,Emmanuel Quatra,Nelly Antignac,Joffrey Platel,Renée Le Calm,Sabrina Ouazani
Durée :
2h10Date de sortie :
20/02/2008
Paris, ville lumière. Paris au petit matin, les livreurs, les éboueurs, les employés barbouillés de sommeil, les fenêtres bleues dans l’aube laiteuse. Paris le jour, les passants qui se hâtent, les vitrines de café comme des aquariums, une jupe qui danse sous le soleil. Paris le soir, les ombres crucifiées par les réverbères, les rires qui s’envolent vers la nuit, une fille drapée dans un pan de ciel marine. La vie quoi. Celle que contemple Pierre du haut de son balcon en se demandant si la mort qui le guette va l’emporter. Ces bribes de vie qu’il observe c’est une étudiante qui bouleverse un professeur, une boulangère dont les certitudes vacillent, une maraîchère qui réapprend l’amour, un architecte, un psy. Des gens ordinaires. Joués par des stars. Qui passent comme des comètes, ne laissant que des impressions fugitives, des sillages scintillants qui s’évanouissent sans laisser de traces. C’était bien la peine. Dans cette sarabande d’étoiles lelouchienne, ne brillent que Romain Duris, le vivant en sursis, tout en clair-obscur comme un soleil de minuit, Juliette Binoche, sa sœur dans le film, râpeuse comme un orage, et la mélancolie d’une existence effilochée qui serre la gorge, brouille les yeux, triture le cœur. Un regard qui coule dans des larmes qui se refusent, un sourire où se lit l’enfance perdue, un geste tronqué qui parle de solitude, une caresse peut-être. Un déchirement, sûrement. Qu’importe alors que le message du film soit banal, que la chorale soit inaudible, Paris sera toujours Paris, Klapisch sera toujours Klapisch.
Sandra Benedetti
02/04/08
En quelque sorte, on peut dire que "Poupées Russes" était au trentenaire en mal d'aimer ce que "Paris" est au quadra en mal de vivre...Sans se délester tout à fait de son humour tendre, Klapisch opte cette fois pour une émotion empreinte de gravité qui affleure tout le film durant. A la faveur de destins croisés, il aborde ces grandes questions que sont la crainte de la mort, la précarité de l'existence, l'absurdité du nombrilisme... Au gré des vies et des envies, il survole aussi certains des grands maux de ce siècle, à commencer par la solitude, le souci de normalité, le besoin d'appartenance.. En amoureux fidèle et connaisseur, il plante le décor dans sa ville et lui fait la part belle dans son récit, quitte à lui donner le premier rôle pour de bon. Ce qui aura le mérite de départager Duris, Binoche, Dupontel, Cluzet, Viard et les autres dans cette course aux comédiens comètes qui brûlent l'écran de leur talent le temps de leurs trop courtes séquences....Il n'y a peut-être que Luchini, en roue libre dans une scène dansante furieusement drôle, pour nous laisser un souvenir à peine plus tenace... Car en fait de personnages, il s'agit davantage d'ébauches dont le réalisateur nous dresse le portrait à grands coups de drames et à petits coups de larmes... Nettment plus proche d'un Altman que d'un Lelouche, cette façon de louvoyer sans véritable fin (hélas) entre ces esquisses d'existences nous laisse malheureusement un goût de trop peu. Quel dommage pour une balade aussi attachante au coeur de la ville et des gens...